Experience

J’aime la sensation de mon stylo qui court sur le papier, dès que l’inspiration arrive, comme les pensées qui fusent, un soir de solitude. J’aime la sensation d’être libre, de vivre pour moi. D’être seule, indépendante, mais me sentir soutenue à la fois. Sentir que si je tombe, je ne serai pas seule.

Sentir que si il m’arrive quelque chose, j’aurais quelqu’un sur qui compter. C’est pour ça que je m’entête à ne pas vouloir être seule une minute, parce que la peur est plus forte que l’envie de vivre ma vie de mon côté, de me construire. D’être qui je suis vraiment. D’être celle qui passe des heures à prendre soin d’elle, celle qui écrit des lignes et des lignes, des pages et des pages, d’une histoire qu’elle ne publiera sûrement jamais. Celle qui couche ses sentiments sur le papier plutôt que de les dire avec la bouche parce que, c’est trop difficile, ça ne sort pas comme il le faudrait, ça s’embrouille. Parce que malgré la douleur, la souffrance, la peine, le chagrin, qui sont présents en permanence, qui sont juste cachés, prêts à bondir dès qu’ils en auront l’occasion, il y aussi, plus timide, le sourire, la joie, la confiance en soi, la plénitude. Plus difficiles à se montrer, car c’est se montrer soi-même plus faible face à ce qui pourrait arriver. Lorsqu’on est triste, on n’a pas peur de tomber car, au final, on pense ne pas pouvoir tomber plus bas. Alors que lorsqu’on montre son bonheur, sa joie, c’est montrer aux autres qu’ils peuvent nous atteindre, nous blesser, nous rendre triste.

Aujourd’hui, j’ai compris que j’avais envie de vivre. Vivre seule, par moi-même. M’aventurer dans des endroits inconnus, faire des choses que j’ai toujours eu envie de faire mais que je n’ai jamais osé tenter. Me trouver des passions, des choses à faire, des envies. Avoir envie de quelque chose. Ça ne m’était pas arrivé depuis bien longtemps. Comme la nuit qui s’éclaircit après six mois de noir complet. Je crois que c’est parce que, aujourd’hui, j’ai compris que les gens n’avaient pas besoin de moi. Et que, par conséquent, je vois pas pourquoi moi, j’aurais besoin d’eux. Je vois pas pourquoi j’accorderais de l’importance à quelqu’un qui ne m’en accorde pas. Ou du moins, pas autant. Et peut-être que, une chose en entraînant une autre, un jour, je réussirai à m’envoler par moi-même. Je commence à m’éloigner et c’est peut-être une bonne chose. Je commence à ne plus être si triste des trahisons, ou alors je me le cache bien. Je ne pleure plus toutes les larmes de mon corps lorsqu’on m’abandonne, parce que je me dis qu’un jour, j’aurais aussi l’occasion d’abandonner les gens qui m’ont fait tant de mal. En réalité, j’ai envie d’effacer certaines personnes de mes souvenirs. De faire comme si elles n’avaient jamais existé. Mais au moment de supprimer le numéro, on se dit toujours que, on sait jamais, si on nous renvoie un SMS, on pourra y répondre de la bonne façon. Ou ne pas y répondre tout court.

J’aime encore beaucoup toutes les personnes qui me font du mal, qui m’ont fait du mal ou qui m’en feront. Je les porte dans mon cœur parce qu’elles ont été des frères, des sœurs, de la famille, des meilleurs amis, des partenaires de soirée, des réconforts, des personnes qu’on préférait plus que tout au monde mais qui n’ont pas su le comprendre. Et que sans eux, je ne serai peut-être même pas là à vous écrire aujourd’hui.

L’autre jour, j’ai lu un article sur les « soul-mates » ; les âme-sœurs, ce que vous voulez. Et ça m’a fait un électrochoc tellement énorme, de me souvenir de ces personnes, qui sont passées dans ma vie, comme ça, comme un ouragan, qui ont tout bouleversé, et qui sont parties. Qui m’ont laissée, comme ça, à ramasser les miettes du désordre qu’ils avaient mit. Et puis, quelques rares-un, qui ont remis de l’ordre, qui m’ont recentré sur moi-même, qui m’ont redonné confiance en moi. Et qui sont partis quand même, en essayant de me faire le moins de mal possible. J’aime toutes ces personnes car elles ont aidé à construire ce que je suis aujourd’hui. Elles étaient une énorme partie de moi, même si certaines ne sont restées que quelques mois, quelques semaines, quelques heures. J’aurais aimé dire que je ne vise personne dans cet article, mais au fur et à mesure que j’écris, il y a des noms et des souvenirs qui fusent. Une phrase qui a changé ma vie. Une discussion à 4h du matin qui m’a fait prendre la meilleure décision. Un soutien sans failles, tous les jours, pendant des mois. Et un meilleur ami, un vrai, qui, je l’espère, est toujours là, et le sera toujours, quelque part, à veiller sur moi comme il le faisait si bien depuis des années.

Je pense que les gens attendent qu’on soit heureux pour partir, mais, en fait, j’aurais aimé qu’ils restent, encore un peu.

 

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