Ce matin, j’ai reçu un message de toi. Un mois après que tu sois parti.

« Je ne t’oublierai pas. Je t’aime et je préfère mourir seul que de ne pas être avec toi. »

Ça sonne comme un mois sans toi. Ça sonne comme un cœur vide ; un appel au secours ; un manque ; pas de solutions. Ça sonne comme le désespoir, comme le dernier souffle. Ça sonne comme une histoire qui n’a jamais eu de début, de fin, et qui est toujours en attente, comme un livre sans fin. On attend le dernier tome, mais il n’arrive jamais. J’ai abandonné l’idée qu’un jour on puisse être ce qu’on voulait être. J’ai abandonné l’idée d’être amis, l’idée d’être amants, l’idée d’être mari et femme, l’idée d’être nous. L’idée que toi et moi reformions ce qu’on était. L’idée que je ne me sente plus jamais toute seule, que même dans les pires moments de ma vie, tu sois là.

Je n’aurais jamais pensé que le pire moment de ma vie soit celui que je passe sans toi. Tu ne me manquais pas, je pensais presque que je ne t’aimais plus, mais voilà. Tu es toujours là. Quand tu pars, tu reviens. Quand tu reviens, je m’enfonce un peu plus. Un peu plus consciemment. Je sais que je vais mal, je sais que je fais n’importe quoi. Je sais que je ne suis plus la même, tout le monde le remarque. Je sais que ma vie n’est plus qu’une succession de jours qui n’en valent pas la peine. Je sais que je ne me bats plus que contre moi-même et que je n’ai confiance en personne, que je sais que je suis vide de tout sentiment positif. J’essaye, d’aimer, d’être amoureuse, j’essaye d’être heureuse, j’essaye de ne penser à rien, de rire sincèrement, d’être moi, d’être celle que j’étais. Je n’y arrive pas. J’y arrive pas, t’es toujours là, tu me bloques le passage, tu me forces à t’aimer chaque jour encore plus fort. J’arrive pas à m’en remettre, je n’arrive pas à me relever, je suis au fond, tout au fond, je creuse, je m’enterre. J’ai pas envie de vivre, je n’ai pas envie de voir le jour, je n’ai pas envie de voir la nuit, je n’ai pas envie de regarder ma vie passer sans rien ressentir. Je ne ressens plus rien, à part la haine, le dégoût et l’envie perpétuelle de sortir de mon corps. Je dors, je dors, je dors et je bois, je bois et je dors. Je mange, je remplis le vide. Je dors, j’oublie qui je suis, qui tu es, qui on était, qui j’étais. J’oublie ma vie, j’oublie tout. Je bois, j’oublie, je pleure, j’ai mal, je me laisse aller à celle que je suis désormais. Je me laisse aller à la pierre que je suis devenue. Je n’ai plus de cœur, il ne bat plus, il ne ressent rien. C’est horrible. Je me force à avoir des sentiments, des émotions, mais en fait je n’en ai plus vraiment.

Parfois j’arrive à être heureuse, je te le jure. Parfois j’ai presque l’impression de retrouver celle que j’étais. Mais en fait, je déchante vite. Pardon. Pardon d’avoir brisé ma promesse. J’avais dit oui, j’ai fait le contraire. Pardon d’être si malheureuse. Pardon de t’avoir promis que je serai toujours heureuse quoiqu’il arrive. C’est encore pire, depuis que tu es parti. Je suis dans une errance constante, je ne sais pas où aller, je ne sais pas quoi faire. Je fais ce que je dois faire. Passer mon permis. Aller à la fac. Faire le ménage. Aller au sport. Je n’ai pas la moindre envie de faire quoique ce soit. Mais je ne craquerai pas. Je ne craquerai pas. Je ne te parlerai pas. Je ne te répondrai pas.

Merci d’être revenu. Merci d’avoir donné à mon cœur ce petit battement qui lui manquait tant. Ce matin, quand je me suis réveillée et que j’ai vu ce message, j’ai senti ce petit trébuchement du cœur. J’ai senti ce petit sursaut. J’ai senti quelque chose. J’ai ressenti quelque chose. Je ne sais pas ce que c’était. De la surprise. Du soulagement. De la peur. De la tristesse, intense.  Ce que je sais, c’est que depuis je n’arrête pas d’y penser. J’ai l’impression d’avoir rêvé. J’ai l’impression que ce n’est pas réel, que ce n’est pas vrai, que tu n’as jamais réellement existé. J’ai l’impression que j’ai rêvé de nous, de nos balades, de nos films, de ton rire, du mien. Je ne ris plus depuis que tu es parti. Et la seule personne qui a réussi à me faire oublier n’est restée que quelques jours. Et ce n’était pas toi. Mais il a tout compris. Il savait ce que je pensais, il lisait entre les lignes. Enfin, comme toujours. Mais ça faisait du bien d’avoir quelqu’un avec qui je pouvais être moi. Tu sais, comme tu me disais. La vraie moi. La moi que j’étais avec toi. Autant de joie de vivre dans une seule personne. Puis, je suis retournée à la réalité et la chute a été difficile.

Combien de temps je tiendrai ? Je vais devenir quoi, moi ? Qui je serai ? Motivation zéro, envie zéro. Tout ce qui est censé me rendre heureuse me tue. J’ai l’impression qu’on me tire une balle chaque fois qu’on essaye de me faire plaisir. Pourtant j’aime bien cette vie-là. Mais ce n’est pas la mienne. Je sais que je ne suis pas à ma place. Ce n’est pas moi ici, c’est celle que je pensais que j’étais. Je me détruis avec mes efforts. Et chaque jour, je me demande quand est-ce que ça va finir, quand est ce que mon bonheur va revenir. Mais j’en sais rien, je ne sais pas. C’est le néant. Je n’arrive même pas à réfléchir, à me poser des questions. Je m’en fous. Je me fous de tout. Je subis ma vie et je verrai bien où ça me mène. Je retrouverai sans doute jamais le bonheur que j’ai connu. Tout ce que je sais, c’est que je ne te répondrai pas, ça va me défoncer encore plus. Je me protège. Je me cache de la vie. Je ne veux pas que la vie me trouve. Laissez-moi dans mon monde. Tu m’as détruite. Je ne t’en veux pas. Je donnerai tout pour que tu saches que tu m’as rendue plus forte. Que grâce à toi, tu peux être fier de moi, parce que je ne suis plus du genre à me laisser marcher dessus. Je suis moi. Et je sais ce que je vaux. J’ai enfin trouvé qui j’étais, même si cette personne ne me plait pas du tout. Je dois encore l’apprivoiser, parce qu’elle est froide, dure, et démontée. Elle se souvient des fois où tu lui disais que tu étais fier parce qu’elle n’avait pas cédé aux disputes. C’est ça qui la fait avancer.

Merci. Merci d’avoir été là. Merci de m’avoir guidée, conseillée. Merci d’avoir apporté ta lumière sur ma vie, même pendant si peu de temps. Merci d’avoir été si patient. Merci de m’avoir engueulée quand il fallait, de m’avoir pris la tête, de m’avoir endurcie exprès. Merci de m’avoir canalisée quand il fallait, de m’avoir fait rire, pleurer, danser, et d’avoir fait ressortir ce qui était enfoui à l’intérieur de moi. Merci de m’avoir rendue si belle, si intelligente, et si extraordinaire à tes yeux. Merci de m’avoir fait sentir que j’étais la meilleure, et de me l’avoir dit de nombreuses fois quand personne ne l’a fait. Merci d’avoir fait en sorte que je réussisse, de m’avoir aidée. Merci d’avoir fait de ma vie un véritable champ de bataille et de m’avoir laissé le reconstruire toute seule. Grâce à toi j’ai reconstitué tous les morceaux de moi, et je suis désormais celle que j’aurais dû être dès le début. Celle que mes parents voulaient que je sois. Merci de m’avoir changée de la meilleure des façons. Je sais désormais que peu importe les tempêtes, je saurais me relever. Je sais qu’il peut m’arriver n’importe quoi, j’ai des gens sur qui compter. Merci d’avoir déplacé mon centre de gravité sur moi-même plutôt que sur les autres.

Tu auras toujours ta place, tu le sais. Dans mon cœur, dans ma vie. Tu seras toujours le meilleur morceau de moi.

Je n’ai jamais fait un effort aussi important que celui de ne pas te répondre. Je puise ma force dans la tienne, dans celle que tu m’as donnée. Il m’en reste encore un peu, et je l’utilise contre toi.

Tu étais le meilleur ami que la vie m’ait donné. Je ne serai plus jamais seule tant que tu vivras. Ne fais pas de bêtises. Je veille sur toi. Mon petit trésor.

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